Actualité
Le 12 juin 2018

Que penser de l'écriture inclusive ? Les mots ont ils un sexe ?

Quel auteur n'a pas été confronté au doute sur l'orthographe d'un mot, depuis qu'une tendance de féminiser les fonctions tend à s'imposer ? Michel Canal passe en revue quelques positions clés de spécialistes qui nous laisse divisé.e.s.
Les règles de grammaire sont elles idéologiques ?Les règles de grammaire sont elles idéologiques ?

 

 

Les défenseurs de la féminisation des noms gagnent du terrain sur un plan plus idéologique que grammatical

Marina Yaguello, linguiste et professeur émérite à l'Université Paris VII, est connue pour avoir publié, en 1978, le premier livre en français sur la langue française et le sexisme : Les Mots et les femmes. Dans ce livre, elle fait le tour de toutes les caractéristiques purement linguistiques qui relèvent du sexisme.
En faveur de la féminisation, elle a montré combien le refus de celle-ci a en réalité un caractère idéologique participant à la production des statuts différenciés des hommes et des femmes dans la société. Avec la nouvelle édition d'un livre paru en 1989 sous le titre « Le sexe des mots », devenu en 2014 « Les mots ont un sexe », elle relançait le débat. Relevé dans la préface : « Bien que la grammaire soit a priori indifférente à l'idéologie, l'usage subit l'influence des mentalités et des représentations sociales.(…) nombre de formes féminines violemment condamnées par l'Académie française et les locuteurs les plus conservateurs ont bien progressé dans l'acceptabilité. Des emplois comme la ministre, la garde des Sceaux, la chancelière, la maire, la députée, ou même l'auteure et l'écrivaine, sont devenus courants. (…) Cette évolution (…) a été largement soutenue et impulsée par des autorités étatiques (notamment sous des gouvernements de gauche) et confortée par la presse. »

Le point de vue de l’auteur de « Le français correct pour les nuls » : un faux débat. Le féminin l'emporte souvent. C'est un débat d'"usages" et non pas de sexe.

Dans la collection « Pour les Nuls », Jean-Joseph Julaud dresse une liste de noms épicènes (communs aux hommes et aux femmes). Certains n'ont pas de féminin ; d’autres, moins nombreux, n’ont pas de masculin.
>> Noms épicènes n’ayant pas de féminin : agresseur, apôtre, artilleur, assassin, auteur, bandit, bourreau, brigand, censeur, charlatan, escroc, défenseur, déserteur, diplomate, géomètre, gourmet, imposteur, imprimeur, individu, ingénieur, juge, juré, maçon, mécène, médecin, menuisier, monarque, oiseleur, oppresseur, otage, paria, pilote, plombier, prédécesseur, professeur, reporter, sauveur, successeur, témoin, tyran, vainqueur...
>> Noms épicènes n’ayant pas de masculin : bête, brute, canaille, crapule, dupe, fripouille, sentinelle, vedette, victime... Le point de vue d’un philosophe, écrivain et journaliste, académicien.

Dans la langue française, l'absence du genre "neutre" nous condamne à choisir arbitrairement un genre, pense Jean-François Revel

Dans un article paru le 11 juillet 1998 dans Le Point (il y a donc presque 20 ans), intitulé « Le sexe des mots », Jean-François Revel dit tout haut ce que bon nombre pensent tout bas. La querelle actuelle découle de ce fait très simple qu'il n'existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l'allemand. Il en résulte qu’en français, des féminins et des masculins sont « purement grammaticaux, nullement sexuels ».

Leur genre n'a rien à voir avec le sexe de la personne qu'ils concernent. Homme, d'ailleurs, s'emploie tantôt en valeur neutre, quand il signifie l'espèce humaine, tantôt en valeur masculine, quand il désigne le mâle. Confondre les deux relève d'une incompétence qui condamne à l'embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. Exemples : « Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille. De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. »

Certains mots sont précédés d'articles féminins ou masculins sans que ces genres impliquent que les qualités, charges ou talents correspondants appartiennent à un sexe plutôt qu'à l'autre. On dit : « Madame de Sévigné est un grand écrivain » et « Rémy de Gourmont est une plume brillante ». On dit « le garde des Sceaux », même quand c'est une femme, et « la sentinelle », qui est presque toujours un homme.

Tous ces termes sont sémantiquement neutres. Certains substantifs se féminisent tout naturellement, et d’autres pas. Exemples : « une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse ». Mais « une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d'honneur » contrevient soit à la clarté, soit à l'esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l'antiféminisme. « Un ambassadeur » est un ambassadeur, même quand c'est une femme. Il est aussi « une excellence », même quand c'est un homme. L’usage est le maître suprême : « Une langue bouge de par le mariage de la logique et du tâtonnement (…). Le tout est fruit de la lenteur des siècles, non de l’opportunisme des politiques. »

L'Etat n'a aucune légitimité pour décider du vocabulaire et de la grammaire. Il tombe en outre dans l'abus de pouvoir quand il utilise l'école publique pour imposer ses oukases langagiers à toute une jeunesse. « Si notre gouvernement veut servir le français, il ferait mieux de veiller d'abord à ce qu'on l'enseigne en classe, ensuite à ce que l'audiovisuel public, placé sous sa coupe, n'accumule pas à longueur de soirées les faux sens, solécismes, impropriétés, barbarismes et cuirs qui, pénétrant dans le crâne des gosses, achèvent de rendre impossible la tâche des enseignants. La société française a progressé vers l'égalité des sexes dans tous les métiers, sauf le métier politique.

Les coupables de cette honte croient s'amnistier (ils en ont l'habitude) en torturant la grammaire. Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique : faire avancer le féminin faute d'avoir fait avancer les femmes. »

L'écriture inclusive est elle une solution ?

« Défenseur·e·s » et « détracteur·e·s » s’écharpent sur cet épineux sujet. Mais de quoi est-il vraiment question ? L’objectif de l’écriture inclusive, défendue depuis des années par les courants féministes, est de combattre les stéréotypes sexistes en remaniant l’orthographe. L’écriture inclusive repose sur trois principes :
– Accorder les grades/fonctions/métiers/titres en fonction du genre. On écrira ainsi « une autrice, une pompière, une maire ».
– Au pluriel, le masculin ne l’emporte plus sur le féminin mais inclut les deux sexes grâce à l’utilisation du point médian. On écrira ainsi « les électeur·rice·s, les citoyen·ne·s ».
– Eviter d’employer les mots « homme » et « femme » et préférer les termes plus universels comme « les droits humains » au lieu des « droits de l’homme ».
En mars 2017, l’éditeur Hatier a décidé de publier un manuel à destination des CE2 en employant cette nouvelle méthode qui consiste à féminiser les mots en plaçant, entre des points-milieu, la terminaison du féminin. L’idée, afin de mettre un terme à la hiérarchisation des sexes, est de faire en sorte que le masculin ne l’emporte plus sur le féminin au pluriel, mais que les deux sexes soient mis sur le même pied d’égalité.
Le point de vue de l'Académie française à propos de l'écriture inclusive L’honorable Compagnie s'est fendue d'une déclaration à ce sujet lors de sa séance du 26 octobre 2017 : « La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité.
On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs. »

En conclusion, je serais tenté de dire que l’écriture inclusive et la féminisation des mots violentent la langue et témoignent surtout d’un manque de clarté de la pensée.
Amis auteurs, à vous de choisir si vous pouvez féminiser un mot pour l'accorder au genre.

 

Michel Canal

47 CommentairesAjouter un commentaire

@Michel CANAL,
J'aurais dû préciser ma pensée par rapport à la politique de dénatalité. Je n'étais pas hors thème. Quand on en est à demander la féminisation des mots comme marque d'égalité, c'est que tout ou presqu'a déjà été obtenu. Citer les conditions de vie des femmes en Asie, aujourd'hui enlevées dès l'enfance et revendues comme des marchandises suite à la politique décidée et financée par les Etats-Unis il y a quelques années de cela à présent, relevait de ce constat.Il semblerait que les femmes aient perdu certaines choses de vue, et notamment l'avancée considérable en matière d'égalité. Regarder ailleurs permet de le rappeler. Bouleverser les règles d'une langue, la compliquer à outrance, et plus grave encore, acculer enfin quelqu'un qui écrit une simple phrase à avouer de quel "bord" il est par le choix qu'il fera d'une terminaison, et légitimer tout cela par la nécessité de l'évolution d'un statut... Au regard de ce que peut avoir comme sens le déni culturel du statut féminin dans les pays d'Asie, je trouvais cela presqu'injurieux. Demander l'évolution d'une langue par idéologie ne me choque pas, tant que cela est légitime et bien fondé. Ce n'est ni une question d'humeur, ni une question de variation d'humeur, et encore moins parce que je suis une femme et que femme varie. C'est simplement une prise de conscience. Le sujet est vaste, compliqué, on manque de recul, de pondération. Et si les règles d'accord de la langue française devaient être le dernier bastion, la dernière coquetterie de l'homme, déjà dépouillé de tout ce qui fait son charme parce qu'une minorité a décidé que la séduction était un harcèlement, et bien qu'on ne prenne pas ce dernier rempart d'assaut sans être légitime à le faire. C'est bien de me voir en Théroigne de Méricourt, mais devant une barricade, je fais demi-tour.Cette barricade, c'est la dernière d'un temps où l'homme cédait sa place assise, réglait l'addition, après avoir avancé la chaise au restaurant, ouvrait la portière de la voiture, c'est la barricade de la galanterie. @Lamish, merci pour la gentillesse de ton commentaire. La féminisation des mots en "eur" est compliquée, il paraît que dans les siècles passés il était de bon ton de ne pas prononcer le r comme dans pêcheur, faucheur, qui devenait pêcheu et faucheu, d'où d'après certains une réticence à féminiser en euse. Autrice a eu un sens jusqu'à ce qu'on refuse aux femmes la qualité d'auteur. A présent qu'elles ont pris de la hauteur, elles peuvent être une auteur sans peur. Bises à tous les deux, Michel, je ne repasse plus. Je vais aller squatter la tribune de Michèle. :)

Publié le 21 Juin 2018

Hé, hé @lamish, il se pourrait, si le débat se poursuit, que le nombre d'échanges passionnés (partant parfois en vrille au point que je dusse recadrer "avec humour" @VAY Céline, une amie très chère qui apparemment l'a très mal pris) finisse par égaler celui de ta tribune de septembre 2016, sur « GENRE EROTIQUE : créer des sous-catégories pour avertir le lecteur ? »
Ce débat, ouvert le 12 juin, me semblait avoir trouvé un terme le 15, sous réserve que le week-end, propice à la lecture, ne le relançât. Cela se fit le 18. Normal, pour l'ex chercheur et professeur d'histoire, journaliste sur une radio locale @Boris Phillips, de choisir le jour anniversaire de l'Appel du 18 juin 1940 pour faire entendre sa voix et apporter sa contribution.
Je crus, naïvement, que ce serait là la conclusion qui me satisfaisait, ce dont je lui fis part : « Je pouvais difficilement trouver mieux en matière de conclusion. Il fallait pour cela tout à la fois un érudit, un frondeur capable de manier l'humour, et un auteur qui n'a plus rien à prouver, ancré dans la tradition et la défense de la belle écriture. »
Point du tout ! A mon grand regret, alors que tout avait été dit, @VAY Céline, en verve, dans la lignée d'Olympe de Gouges et de Théroigne de Méricourt, relançait le débat par un argumentaire enflammé s'apparentant à un réquisitoire qui appelait une réponse.
Initiateur de ce débat, il me sembla utile de le replacer sur le sujet de l'écriture et peut-être d'en écrire le mot FIN. C'était sans compter sur l'influence du jour le plus long de l'année (le 21 juin) et de son influence sur les esprits. La formule consacrée : « Ite missa est ! » ne fut pas entendue, pas davantage mon appel à la raison pour les auteurs : « A chacun de nous, auteurs auxquels cette tribune était destinée, d'être raisonnable. La guerre des mots n'aura pas lieu. »
@lamish, sois rassurée sur l'amitié qui me lie à Céline. Ce que tu avais écrit ici-même le 15 juin : « ... vos échanges révèlent ces belles complicités, fruit d'une amitié née ici, qui sont vôtres... » ne trouvera pas sa fin sur une bouderie passagère. Tu connais notre amie commune aussi bien que moi, peut-être mieux. Chacun se rappellera que sa réaction de colère à mon égard en février 2017 avait donné lieu, au fil des jours et des échanges, à la plus belle amitié complice entre auteurs. Une amitié qui n'a jamais cessé. Mais une femme serait-elle une femme si son humeur ne faisait pas le yo-yo de temps en temps ? Ne dit-on pas, et ce n'est pas péjoratif : « Souvent femme varie. » ?
Céline, loin de moi l'idée de vouloir t'offenser. Il me fallait simplement recadrer le débat qui partait tous azimuts avec la condition féminine sur d'autres continents, sujet tellement vaste et tellement plus grave que celui de la féminisation des mots.
Cher @Boris Phillips, si tu t'apprêtais à répondre à Céline, sois philosophe et diplomate. Elle a péché par excès et par passion, par obstination à ne jamais prendre un avis tranché tant qu'elle n'a pas fait entièrement le tour de la question. Le mieux est parfois l'ennemi du bien.
@lamish, @VAY Céline, @Boris Phillips, @Pantinois, @FANNY DUMOND, @Cristina Leg, @anne-laure.julien, @Torralba, @Yves L, @Kleber Labbé, @Gene - McBreth... merci pour votre contribution, vos arguments pour ou contre l'écriture inclusive, la féminisation des mots. Pour autant, la passion qui a parfois enflammé les échanges prouve que le sujet est loin d'être clos dans l'opinion.
Avec toute ma considération à toutes et à tous.

Publié le 21 Juin 2018

@Michel Canal, toi qui avais tenu les comptes du nombre de com' sur ma tribune, ne serais-tu pas sur le point de me coiffer au poteau avec la tienne ;) ?

Publié le 21 Juin 2018

@VAY Céline PS : ... et écrivain-e, auteur-e, autrice... de talent. Peu importe, puisque ce qui compte, c'est ton talent ;).

Publié le 21 Juin 2018

@VAY Céline, tu as raison d'émettre cette remarque : "Aucune personne n'a dit : on comprend la démarche, elle peut dans un contexte donné être entendue comme légitime". Je crois que cela vient du fait que nous avons tous fait l'abstraction :"Cela relève d'une bonne intention, une intention qui parait légitime pour certaines, certes, mais n'avons-nous pas plus important à considérer de nos jours ?"... Un point sur lequel nous sommes très majoritairement d'accord. En n'adhérant pas à cette réforme, nous ne nous positionnons pas contre les inégalités qui se perpétuent encore sous notre nez. Nous ne contestons pas l'égalité des genres. L'amalgame : "Etre contre la féminisation de l'écriture, c'est mettre à mal nos acquis" n'a pas lieu d'être, d'autant qu'en faussant le débat, il les met à mal, ce que je trouve absurde et bien dommage."La vie trouve toujours son chemin. C'est donc l'usage qui s'imposera" a écrit @Pantinois. C'est effectivement ce qui se produit avec le verlan ou l'anglicisation de notre langue. Or, force est de constater que dans notre quotidien, nous ne sommes que très rarement contrariées par la non féminisation du langage (si je n'avais parlé que pour moi, j'aurais écrit "jamais"). Je t'assure que cette initiative me donne vraiment l'impression d'un os à rogner... mais un os dont la moelle a vraiment mauvais goût... à mon goût, bien sûr ;). Alors pas de pugilat, non, pas plus que de perte d'amitiés qui sont assez sincères pour supporter quelques désaccords. Je me permets même de faire l'ambassadrice (Ouille ! j'avais écrit "ambassadeur", dans un premier jet :)) pour t'affirmer que nous t'aimons telle que tu es : unique, passionnée, sensible et intelligente. Bisous, bisous. Michèle

Publié le 21 Juin 2018

@Michel CANAL
Quand même, passer de mémère à Giralda, j'ai pris de la hauteur de vue. :) Mais tu connais bien mon obstination à ne jamais prendre un avis tranché tant que je n'ai pas fait entièrement le tour de la question. Bises.

Publié le 21 Juin 2018

@lamish
Michele, j ai quand même l'impression d'assister à mon pugilat. Tu me connais assez pour savoir que je ne réponds jamais par esprit de vindicte. Oui j ai déploré les réponses sur ce site. Aucune d'elle n'a dit : on comprend la démarche, elle peut dans un contexte donné être entendue comme légitime. Sauf qu elle est impossible à mettre en place avec la meilleure volonté du monde. Au demeurant, répond elle aux bonnes questions. Renvoyer la charge de la preuve. Si les preuves sont apportées, on regarde le champ des possibles pour la mettre en œuvre partiellement. Elles ne le sont pas, on ne fait rien. Et donc pour dire : ne condamnons pas sur un préjugé, je dois être mise au bûcher des vanités ? Il est évident que les hommes paient aujourd'hui le poids d'un héritage culturel. Les femmes l'ont porté des siècles durant. Ce n'est pas un argument. Ni même la stérilité du débat, ni même le clivage homme femme. La question est : prouver que tout cela en vaut la peine. Les femmes ne gagnent rien à s'affirmer comme une minorité qui peut désormais tout dire, tout demander, tout balancer juste parce qu elles sont des femmes. La charge de la preuve ne doit pas s' effacer. A une demande, un argument, une preuve. Être une femme n'en est pas une. Voilà ce que j'attendais de ce débat. Je ne l ai pas eu, j en ai pris plein la figure, perdu des amis au passage pour une question à laquelle j'ai fini par attacher de l'importance. La neutralité de la réponse.

Publié le 21 Juin 2018

Ah non, non et renon ! Nous sommes tous d’accord, dans le fond, et les oppositions n’ont pas lieu d’être. Le combat pour l’égalité des femmes a déjà eu lieu, les acquis ont été légiférés. Il ne reste qu’à les faire appliquer efficacement, se montrer vigilant pour les protéger, intervenir lorsqu’un macho agit sous nos yeux au lieu d’en avoir peur pour certaines, ou de rire et de se réjouir sous cape pour certains, savoir défendre sa peau, qu’elle soit féminine ou masculine. @VAY Céline a d’ailleurs raison lorsqu’elle constate que pour les nouvelles générations (j’exclus volontairement celle de certains milieux très défavorisés afin d’alléger le débat, car dans certains cas tout est à faire), femmes et hommes vivent déjà en harmonie, sans être tenté de traiter de sexiste son partenaire en cas de désaccord. S’il est des lieux où il faut encore se battre, c’est dans ceux que j’évoque entre parenthèse ou en dehors de notre territoire, là où les femmes subissent encore des atrocités, là où les mentalités mènent au désastre, comme en Inde où malgré des villages entiers peuplés d’hommes, on continue à tuer les filles à la naissance pour ne pas avoir à payer leur dote. Et les exemples sont si nombreux qu’un livre ne suffirait pas à en faire une liste exhaustive. Là c’est grave, là ça vaut le coup de mettre un coup de pied dans la fourmilière, au lieu de se donner l’impression de mener un combat lorsque l’on s’attaque à l’écriture inclusive ou à la féminisation des mots. Moi, j’ai honte, franchement. C’est comme se plaindre de s’être coupé le doigt à un paraplégique. @Michel CANAL @Boris Phillips ont vécu le vrai combat pour les droits des femmes en France. Ils l’ont cautionné, y ont probablement participé à leur petite échelle. Ils ont dû, ne l’oublions pas, abandonner, au nom de la justice humaine, des privilèges qui leur adoucissaient bien l’existence ;)… Alors ne leur faisons pas payer pour les dizaines de générations majoritairement machistes qui ont précédé. Suivons le bel exemple d’ouverture d’esprit de nos enfants. Et ne confondons pas humour et ironie. A l’humour, répondons par l’humour. A l’ironie, répondons en faisant toucher du doigt ce qu’il y a de désobligeant sans pour autant monter au créneau. Echangeons les idées et argumentons plutôt que de stériliser le débat. Belle journée à tous… la plus longue de l’année, profitons-en ;). Amicalement. Michèle

Publié le 21 Juin 2018

"En faveur de la féminisation, elle a montré combien le refus de celle-ci a en réalité un caractère idéologique participant à la production des statuts différenciés des hommes et des femmes dans la société". Au regard de ce paragraphe que tu avais toi-même cité @Michel CANAL, je me suis permise des remarques. Cette phrase avait retenu toute mon attention. Pour moi, le débat était là. Alors, cette tribune avec ses petites dérives, sans conséquences jusqu'à ton intervention, était significative et répondait à ce premier paragraphe. Je n'ai étiqueté ni jugé personne. Je suis restée dans ce paragraphe et uniquement dans ce paragraphe. A quel bastion, à quelle dernière coquetterie ce refus de la féminisation correspondait - il ? Ce n'était pas une agression : une interrogation au regard de ce paragraphe. Mais quand on a une étiquette parce qu'un jour un auteur juge un autre et le dit haut et fort, il est difficile d'en convaincre. Et si tu souhaitais que je n'intervienne plus (ce que je n'allais d'ailleurs plus faire, tout étant dit) il suffisait d'un MP. Simplement un petit message privé. La féminisation des mots n'a de sens que par son refus. A ce moment là, elle devient une idéologie, un but à atteindre. Etrange paradoxe d'une mesure qui ne devient positive que par sa négation...

Publié le 21 Juin 2018

@Michel CANAL
Mémère, Giralda..... Bravo ! Qui insulte qui ? Pas moi. C'est avec ce genre d'étiquette blessante que l'on devient féministe. Ai-je insulté quelqu'un sur cette tribune ? Non. Et tout cela pourquoi ? Oui j'étais dans le sujet : quand on écrit que la féminisation des mots dénature la langue française, je fais remarquer que celle-ci subit déjà des atteintes, notamment par l'anglicisme des mots employé de plus en plus et que personne ne s'en offusque. Quant à faire alllusion aux politiques de dénatalité, cela était pour clore le débat et donner raison à tous ceux qui, à juste titre ont fait remarquer que ce débat autour de la féminisation des mots était stérile, et qu'il y avait des atteintes plus graves au statut des femmes que de ne pas féminiser les mots. Les politiques de dénatalité dans les pays d'Asie en sont un exemple criant. Sur cette tribune, j'ai écouté les arguments des uns et des autres. Un seul a retenu mon attention, il fait d'ailleurs l'unanimité. Il y a mieux à faire, ailleurs, pour qu'un jour, certaines atrocités ne soient plus commises que prendre des mesures qui jettent le discrédit sur la légitimité des revendications féminines. Et donc je dois en prendre "plein la figure" juste pour avoir écrit cela? Bravo !! Sois assuré que j'apprécie. C'est magnifique. Ta gentillesse me touche profondément. Un dernier mot : jamais je ne me serai permise de faire à ton encontre sur un forum de telles remarques, même mises au conditionnel. Non pas au regard de nos supposés liens d'amitiés, mais par respect. Par souci de respect envers autrui. Pour moi le débat était clos sur cette évidence : la futilité de certaines revendications. J'avais donc abondé dans le sens de tout le monde, car toutes ces questions autour de la féminisation des mots n'ont aucun sens. Voilà pourquoi les réponses apportées n'en ont aucun non plus. Le débat ne pouvait que dégénérer sur une opposition homme-femme. La mesure n'amène rien, si ce n'est dresser les uns contre les autres, personne n'étant en mesure de comprendre à quoi elle sert ! Je pensais l'avoir "démontré", personne n'a été convaincu de son impact dans l'insconcient, malgré tous les arguments que je me suis efforcée de trouver, m'exposant ainsi alors que je n'en avais pas envie. Mais non. Une mémère, une giralda, forcément, ça n'agit que dans un but de polémique car trop aigrie par la vie. Voilà l'argument masculin toute pourrite par excellence. Et comme je te l'avais fait remarquer, c'est le seul qui m'iindigne réellement. Cet irrespect est révélateur : profondément, dans l'esprit masculin, les choses ne changent jamais. Cette tribune en est un bel exemple. Certes, il y a une avancée considérable dans le statut de la femme, mais quelqu'un qui même incidemment s'efforce de prendre le parti d'une revendication féministe n'est qu'une aigrie, une mémére, une giralda. J'ai donc les réponses à mes questions pour ma chronique.

Publié le 21 Juin 2018

@VAY Céline,
Ma chère Céline, si tu continues, après ta période où il convenait de t'appeler "Mémère", je vais devoir t'appeler "la Giralda". Si tu te laisses influencer par tout ce qui passe à ta portée, tu vas perdre en lisibilité. Pourquoi n'es-tu pas restée sur la magnifique réflexion de ton commentaire du 15 juin : « ... c'est par le mérite, l'effort que l'on acquiert un statut, pas par l'affirmation d'un genre sexué. Voilà des femmes qui ont compris que leurs qualités en tant qu'individu étaient le meilleur des arguments. » ?
Bien sûr que ce que tu dis a un fond de vérité, mais tu déplaces le débat sur des terrains qui nous éloignent trop du sujet. Etait-il utile d'extrapoler par des propos excessifs que nous pourrions prendre à juste titre avec @Boris Phillips pour une "philippique", par exemple : « La langue française est-elle donc à l’homme sa dernière coquetterie, sans laquelle il se sentira misérable et dépouillé ?... la féminisation des mots est un outrage... C’est ce sectarisme qui est une insulte à certaines causes... Messieurs, dans ce cas, ayez le courage de défendre tout détournement. De dépasser le débat de la provocation féminine pour réfuter toute intrusion... » enfin, qu'a à voir la langue avec la politique (supposée) de dénatalité ?
Il ne s'agit pas d'un combat ou d'un affrontement d'un genre sexué à l'encontre de l'autre. Ce serait, si tel était le cas, un mauvais combat, un affrontement mal venu.
Oui, la langue évolue et évoluera encore. Oui, des mots féminisés passeront dans les usages. Oui, l'écriture inclusive, si elle peut avoir une simplification d'écriture pour des journalistes de moins en moins puristes eu égard à la baisse de qualité de leurs articles (je fais preuve d'une grande retenue en disant cela), serait une aberration pour les écoliers, un problème pour la lecture à haute voix.
Tout a été dit dans le texte de présentation et dans les commentaires des uns et des autres autour du titre de la tribune qu'il convient de ne pas perdre de vue : Que penser de l'écriture inclusive ? Les mots ont ils un sexe ? Je crois que l'on peut dire : « Ite missa est ! » A chacun de nous, auteurs auxquels cette tribune était destinée, d'être raisonnable. La guerre des mots n'aura pas lieu. Mais des imbéciles, il y en aura toujours ! Notre ami professeur d'histoire ne me contredira pas je pense, si j'affirme qu'il y en a depuis la nuit des temps.

Publié le 21 Juin 2018

@Boris Phillips
Ah non, je m'insurge contre le terme de philippique. :) A l'occasion de la sortie du roman Femina Nova de Ivan Zimmermann, je souhaite écrire une petite chronique. Je profite donc des échanges autour de cet article pour tenter de comprendre cette hypothèse d'une menace féminine et d'un malaise masculin. J'avoue m'amuser un peu au passage, et je déplore de ne pas avoir écrit une petite nouvelle : mai 2018 non à la femme dans l'écriture, oui à l'Anglais. Quel avenir pour la Pucelle aujourd'hui ? Mais l'écrit serait vain, la jeunesse d'aujourd'hui étant à cent lieux de nos joyeux débats et c'est tant mieux. Nous appartenons au passé, la thématique de l'écriture inclusive et la féminisation des mots est un piètre débat au regard de certaines politiques de dénatalité dont nous n'avons pas encore mesuré toutes les conséquences. Politiques de dénatalité où la notion du statut de la femme prend toute son importance.

Publié le 20 Juin 2018

Chère @VAY Céline... Ne voyez dans cette en-tête aucune marque de condescendance masculine !
J'avoue que votre longue interpellation me laisse perplexe.
Dois-je y trouver un développement de cet humour anglo-saxon que j'affectionne tant ?
Serait-ce une philippique ?
Je vais vous répondre en privilégiant la première hypothèse.
Cela risque de me prendre un peu de temps : l'âge aidant, il m'arrive d'éprouver des difficultés à "aligner mes neurones"...
A bientôt donc.
Cordialement et avec humour.
Philippe.

Publié le 20 Juin 2018

@ Boris Phillips :
Magnifique plaidoyer, qui convaincrait les plus réfractaires. Mais conserver à la langue française sa beauté originelle devrait – elle primer sur une éthique ? Si la langue française était un art, elle serait détournée, les règles en seraient méprisées, pour permettre l’expression d’une émotion, pour adapter l’expression à l’actualité. Il en a été ainsi de la peinture, de la sculpture, de la musique, de la littérature, du cinéma… On est donc en présence d’une chose que l’on ne peut modifier sous peine d’en détruire la beauté et qui n’est pas un art. Qu’est-ce donc ? Le dernier garant, bastion de quoi ? Pourquoi s’y accroche-t-on avec l’énergie du désespoir, nous qui ne nous battons plus pour rien (Cf la nouvelle « Macron, le Napoléon des temps modernes » de @Michel CANAL) ? La langue française est-elle donc à l’homme sa dernière coquetterie, sans laquelle il se sentira misérable et dépouillé ? Et pourtant, on y porte régulièrement atteinte, des mots nouveaux empruntés à d’autres cultures (multiplication des anglicismes et autres) émaillent les discours, entrent dans le dictionnaire… Et contre cela on ne dit rien, tandis que la féminisation des mots est un outrage. On ne peut s’insurger contre une chose plutôt qu’une autre. C’est ce sectarisme qui est une insulte à certaines causes. Je n’aime pas la féminisation à outrance, je me contenterais d’une féminisation des noms de métier modérée. C’est la cheffe de … mais elle est chef de service, car il s’agit d’une fonction. Pour le reste, il suffit de tourner ses phrases de manière à introduire le « il" et le « elle » quand la précision est nécessaire pour une bonne compréhension. Seulement, Messieurs, dans ce cas, ayez le courage de défendre tout détournement. De dépasser le débat de la provocation féminine pour réfuter toute intrusion, refuser ces préfixes quand le vocabulaire s’appauvrit qu’on entend à longueur de journée. Faites donc votre caillera, les meufs adorent. Mais si vous supportez ces mots car il s’agit d’une éthique de vie permettant l’intégration dans la société, au nom du droit à l’expression des minorités, alors vous devrez supporter la féminisation des mots. Allez, faites un check-up, quelles sont vraiment vos raisons ? Soyez à l'image des start-up, si vous souhaitez oublier que le français fut la langue de la diplomatie...

Publié le 19 Juin 2018

Oups, j'avais laissé passer une coquille : dans le "Que Madame le Député ne se sente pas dépitée...", j'avais omis le "se", faute avouée et corrigée... Il est vrai que sans le pronominal, la phrase aurait eu une connotation olfactive "déplaisante" !

Publié le 18 Juin 2018

Cher @Boris Phillips, merci pour ton commentaire. Je pouvais difficilement trouver mieux en matière de conclusion. Il fallait pour cela tout à la fois un érudit, un frondeur capable de manier l'humour, et un auteur qui n'a plus rien à prouver, ancré dans la tradition et la défense de la belle écriture.
C'est fou de constater que des mots de valeur sont "féminins" : littérature, écriture, tradition, académie, histoire, gastronomie, patience, séduction, beauté... Inutile donc de déclencher une guerre des sexes pour si peu !

Publié le 18 Juin 2018

Cher @Michel CANAL, tu avais bien raison de dire que le week-end serait favorable à la réflexion… Comme je te l’avais promis, j’apporte ma contribution.
À propos des substantifs épicènes, il me semble que rendre gloire aux membres féminins du corps balistique des armées en entonnant « L’artilleuse de Metz » ferait perdre beaucoup de poésie au catéchisme paillard. De même, lire dans une critique littéraire « Cette grande reporteuse nous fait partager dans ses mémoires les poignants souvenirs de sa vie d’otagette… », ne me donnerait pas envie d’acheter le livre. Laissons donc ces mots au "neutre d’usage" qui est le leur et n’en parlons plus !
Il n’en est pas de même de la volonté de féminisation à tout prix de certains mots ; là, il me semble évident que la volonté idéologique prend le pas sur la sémantique ou la grammaire. Ainsi, lorsque j’étais jeune enseignant – c’était dans le dernier quart du siècle dernier –, un de mes premiers chefs d’établissement était une femme. Chaude partisan de cette féminisation à tout crin – quitte à nous la faire rentrer sous la peau au gant de crin –, elle tenait absolument à l’appellation « Madame la Principale ». Déjà frondeur, il m’était impossible de me plier à cette volonté et j’en restais à « Madame le Principal ». J’essayais bien de lui expliquer, qu’à mon sens, la fonction primait le sexe ; je n’eu droit qu’à cette réponse sans appel : « Monsieur A… vous êtes un réactionnaire ! » – qualificatif dont je tire orgueil aujourd’hui ! –. Pensant clore ce débat stérile, je finis par lui répliquer « Qu’importe, Madame, "le" ou "la" ; le principal étant que vous vous sentiez notre supérieur » ; mon humour fut mal perçu et mes emplois du temps des années suivantes s’en ressentirent. Plus récemment, lisant dans le manuscrit d’une amie auteur « …je sentis naître en moi la vocation d’écrivaine… », je lui dis « C’est très bien tu reconnais que tu écris pour rien ! ». Devant sa mimique d’incompréhension, je crus bon de préciser en souriant « Eh bien oui, tu dis toi-même que ton écriture est vaine, que tu écris en vain ! »… Sa phrase devint « …je sentis naître en moi la vocation d’écrivain… ». Je pourrais, tout à mon aise, multiplier les saillies « Que Madame le Député ne se sente pas dépitée, ni Madame le Ministre sinistrée, si les tâches ardues auxquelles elles sont attelées éclipsent leur féminité… ». Seulement, cela n’apporterait rien de constructif. Pour moi, les questions sont les suivantes : cela ajoute-t-il quelque chose de féminiser l’orthographe de certaines fonctions ; cela ôte-t-il quoi que ce soit de conserver un masculin d’usage ? Celles et ceux qui viennent de lire mes lignes connaissent ma réponse négative à ces interrogations ; comme toi – ainsi que "l’honorable Compagnie" –, j’ai tendance à considérer que « la féminisation des mots violente la langue et témoigne surtout d’un manque de clarté de la pensée. »
Quant à l’écriture inclusive, j’ai eu – il y a peu – une conversation avec une institutrice membre de ma famille ; son avis fut des plus clairs « On a déjà assez de mal à faire comprendre l’orthographe à nos élèves, inutile de les embrouiller plus ! »
Cordialement et toujours avec humour.
Philippe.

Publié le 18 Juin 2018

Je ne sais si mon commentaire sera le dernier de ce débat d'idées, ou si à la faveur du week-end, propice à la lecture, d'autres viendront apporter leur contribution, je m'estime satisfait des échanges, parfois assez vifs mais toujours courtois.
Il était prévisible que le sujet opposerait partisans de la féminisation des mots, de l'écriture inclusive, des accords de proximité, et récalcitrants qui considèrent que ces changements sont le fait d'une minorité militante qui s'y prend parfois maladroitement ou de manière clivante pour essayer de les imposer.
S'il est vrai, parce que législateurs, religieux, philosophes, écrivains et même savants s’étaient acharnés à démontrer la condition subordonnée de la femme, que les femmes ont été dans l’obligation de revendiquer leurs droits au sein de la société, de lutter pour les obtenir, que l’égalité entre les deux sexes qui devrait être la règle n’est pas totalement ni uniformément acquise, la féminisation des mots et l'écriture inclusive sont-elles un moyen efficient pour la renforcer ?
La langue a évolué au fil des siècles. Elle évoluera encore, mais elle ne peut voir sa structure changer qu’au rythme de l’évolution du peuple qui la parle.
Je relève avec plaisir l'évolution de @VAY Céline, d'abord emportée par sa détermination à aller au fond des choses, comme en témoignent certains échanges avec @lamish et avec @Pantinois, puis très conciliante et constructive dans ses derniers commentaires.
Pour celles et ceux qui ne l'auraient pas lue, je signale une chronique très intéressante de Céline sur son blog, consacrée à l'évolution de l'émancipation de la femme depuis 1791.
J'en donne le lien : http://vibrationschroniquedelivreswordpresscom.wordpress.com/
car ce document brosse la chronologie des initiatives avortées et des combats que les femmes ont dû mener sur une période de plus de deux siècles pour sortir de leur condition subordonnée.
Merci lamish pour ton dernier commentaire soulignant la complicité d'auteurs qui nous lie, Céline et moi, à laquelle tu es associée (avec d'autres). Elle est due aux vertus des échanges entre auteurs sur cette plate-forme monBestSeller.
Si ça doit être le mot de la fin, merci encore à toutes celles et à tous ceux qui ont enrichi le débat sur ce sujet polémique.

Publié le 15 Juin 2018

@VAY Céline @Michel CANAL, vos échanges révèlent ces belles complicités, fruit d'un amitié née ici, qui sont vôtres... Eh bien vous savez quoi ? Je suis vachement contente... et émue :). Bisous à vous deux.

Publié le 15 Juin 2018

@Michel CANAL,
Je t'avoue avoir été très contente d'avoir trouvé ces articles. Je les ai trouvés très sains : c'est par le mérite, l'effort que l'on acquiert un statut, pas par l'affirmation d'un genre sexué.Voilà des femmes qui ont compris que leurs qualités en tant qu'individU étaient le meilleur des arguments. Je demande le titre parce que je prouve que j'en suis capable. Il ne m'est pas dû parce que sinon je pleure si je l'ai pas car le monde il est méchant avec moi. Ouf! Bises

Publié le 15 Juin 2018

Eh bien @VAY Céline, voilà un commentaire qui me plaît ! Tes citations sont opportunes et pertinentes, abondant dans le sens de la stupidité à vouloir modifier des usages qui avaient des fondements et leur raison d'être : Audrey Jougla et Hafida Fais Iskrane (qui sont des femmes) nous fournissent des arguments que tous les sages apprécieront :
Audrey Jougla (prof de philo, militante antispéciste) : « Je préfère me dire écrivain plutôt qu’écrivaine, auteur plutôt qu’auteure ou autrice... Il existe un déficit de prestige, quand on parle d’écrivaine plutôt qu’écrivain... C’est dommage de se priver du prestige du mot masculin... cette masculinisation n’est pas du tout imposée par les hommes. C’est tout l’inverse, elle nous permet de conquérir des univers masculins. Gagner l’égalité, c’est s’approprier les métiers au masculin... réclamer l’égalité en revendiquant le féminin, c’est admettre de ne pas l’être. »
Hafida Fais Iskrane (biologiste et naturopathe) : « Je ne suis pas persuadée que le bénéfice de la féminisation soit réel pour les femmes, je crains même que cela nous desserve encore... le titre de “professeur” sera toujours plus recherché et valorisé, que celui de “professeure”... »
Merci pour ce partage. Je t'embrasse... et ces bises sont méritées !

Publié le 15 Juin 2018

@Michel CANAL
Les vrais combats sont ailleurs... Hum. On menace l'équilibre masculin rien qu'en brandissant le spectre de la féminisation des mots. Un test excellent d'ailleurs. Quel homme serait assez fou pour avouer contester une loi visant la reconnaissance de la violence dans le couple ? Une nouvelle définition du harcèlement sexuel? Sur de tels sujets, l'unanimité se fera. Mais sur de petits sujets anodins comme celui que tu as proposé... Alors là on peut se défouler, des petites phrases assassines d'ici de là. Cela ne porte pas à conséquences, on ne touche à aucun droit fondamental. Alors pourquoi relever? Tu cites un homme, Jean-François Revel pour conclure : par démagogie, les coupables ont, en torturant la grammaire, voulu faire avancer le féminin faute d'avoir fait avancer la cause des femmes. Les vrais combats en leur faveur sont certainement à mener ailleurs.C'est facile ! Que signifie réellement cette féminisation du langage ? Rien? Je vais citer deux femmes : Audrey Jougla est une jeune prof de philo de 32 ans, militante antispéciste, fondatrice de l’association Animal Testing contre l’expérimentation animale, avec deux livres à son actif. «Systématiquement, on me présente comme auteure, voire écrivaine. Cela part sans doute d’une bonne intention, mais ça me dérange. Je préfère me dire écrivain plutôt qu’écrivaine, auteur plutôt qu’auteure ou autrice. Je trouve que ces deux fonctions au féminin manquent d’autorité, sans compter qu’autrice m’écorche les oreilles. Il existe un déficit de prestige, quand on parle d’écrivaine plutôt qu’écrivain. Écrivaine s’apparente à conteuse. C’est dommage de se priver du prestige du mot masculin. C’est plus victorieux d’utiliser.»

Audrey Jougla poursuit même: «Pour moi, cette masculinisation n’est pas du tout imposée par les hommes. C’est tout l’inverse, elle nous permet de conquérir des univers masculins. Gagner l’égalité, c’est s’approprier les métiers au masculin, c’est être appelée auteur! Car réclamer l’égalité en revendiquant le féminin, c’est admettre de ne pas l’être. Ce n’est pas un point de vue très répandu, surtout dans le milieu antispéciste dans lequel j’évolue, où les militants pratiquent l’écriture inclusive. Mais moi, je résiste, dans mon association, tout est au masculin.»

Hafida Faes Iskrane, biologiste et naturopathe, est également dubitative:

«Je ne suis pas persuadée que le bénéfice de la féminisation soit réel pour les femmes, je crains même que cela nous desserve encore. Dans une société dans laquelle les femmes restent discriminées à l’emploi et à l’accès à certaines fonctions, le titre de “professeur” sera toujours plus recherché et valorisé, que celui de “professeure”. Plutôt que de travailler à imposer une égalité de représentation, dans la lignée de la discrimination positive, qui ne fait que renforcer les préjugés de genre, imposons un travail de fond aussi bien chez les hommes que chez les femmes.»

C'est édifiant comme analyse, non? Je t'embrasse. @lamish, mon sourire n'a pas disparu, mais pour la présentation de mon dernier livre, sur un sujet sérieux, la contamination des denrées alimentaires, j'ai enlevé la photo de mémère à son chien. :)

Publié le 15 Juin 2018

@Michel CANAL
Cet article aura au moins eu le mérite de susciter la discussion et la réflexion ! Merci à vous.

Publié le 15 Juin 2018

Eh bien, mes ami.e.s, il suffit que je m'absente quelques heures, et c'est la panique à bord ? Je plaisante, bien sûr. Dans ce débat que je salue, preuve qu'il était nécessaire, chacune ou chacun (ou pour @anne-laure.julien qui préfèrera chacun.ne ou encore chacune.un), si j'exclue tout ce qui est hors sujet et amalgames excessifs, a apporté des éléments à prendre en considération.
Je vous avais fourni des arguments dans mon commentaire posté tard dans la nuit du 12 au 13 (le premier inscrit à la date du 13) : « Pour le linguiste Alain Bentolila, une langue ne peut voir sa structure changer qu’au rythme de l’évolution du peuple qui la parle. » C'était une réalité hier. Le sera-t-elle aujourd'hui et demain ? Et j'avais conclu par : « ... soyons raisonnables. N'entretenons pas une guerre des sexes pour des mots, dans laquelle il n'y aurait pas de vainqueurs, mais seulement des maux, ceux des perdants et des perdantes. »
Mon amie @VAY Céline a "dégainé" la première en me faisant remarquer que je m'exposais au courroux divin, celui des féministes qui revendiquent sur tous les fronts pour chercher à changer les mentalités, lourdes d'un héritage difficile... que cela passe par des futilités, comme l'écriture inclusive. Elle a écrit dans d'autres commentaires (du 14) : « ... simple évidence : être une femme n'est rien d'autre qu'être un élément des deux composants sexués de la race humaine. Les deux sont complémentaires dans leurs différences, les lois de l'évolution l'ont voulu ainsi. » Puis : « L'écriture inclusive ne fait aucun mal, elle calme certains esprits agités. Ce qui est intéressant, c'est de voir si vraiment elle participera à quelque chose... il suffirait d'apprendre dès son plus jeune âge que le masculin ne l'emporte pas sur le féminin pour que tout rentre dans l'ordre. »
@lamish, connue pour son empathie, sa clairvoyance et la pertinence de ses commentaires, a réagi : « ... Je crains qu'à jouer les frustrées, certaines femmes obtiennent le contraire de ce qu'elles revendiquent... il ne faut pas beaucoup de psychologie et simplement un peu de bon sens pour deviner où risquent de nous mener les excès. » Puis : « Considérer la féminisation du langage comme une avancée, une aide dans l'affirmation de soi... Bof... Il n'y a vraiment qu'en France que l'on est capable de débattre sur ce genre d'aberration !... Et quelle énergie gaspillée... qui serait tellement plus utile à défendre les cas où les lois contre la discrimination ne sont pas appliquées... »
Réponse de @Pantinois à Céline (sur l'écriture inclusive) : « Je retourne le compliment : elle agite certains esprits calmes. » Puis : On commence avec un texte sur la féminisation des mots... Très vite, on dérive vers l'écriture inclusive. Aussitôt s'enchaîne la réflexion sur les femmes battues. »
Les propos de @Cristina Leg sont sensés : « ... je considère que cette écriture inclusive n'a pas sa place dans la littérature... à pousser le bouchon trop loin, le risque serait de creuser encore plus le fossé entre l'homme et la femme. »
Il semble que @anne-laure.julien soit pour l'écriture inclusive et l'accord de proximité. Ses arguments sont recevables : « ... ce n'est peut-être pas très décoratif en littérature. Mais pour le journalisme, ça permet d'être plus précis. » Ses exemples sont pertinents, citant "les danseurs de l'Opéra" où les filles sont plus nombreuses que les garçons, afin d'écrire "les danseur.se.s" ou "les danseuses" en utilisant l'accord de proximité, et sa démonstration que notre langue est sexiste avec un panel de mots dont la connotation assortie n'est effectivement pas en faveur de la femme. J'aime sa conclusion : « Alors l'écriture inclusive, si ça ne sert pas à écrire de la littérature, ça pourrait servir à réfléchir. »
@Pantinois, qui ne peut être soupçonné de sexisme, a réagi avec pertinence à l'argumentation d'Anne-Laure. Je retiens : « Le texte d'origine était sur la féminisation des mots et je suis d'accord pour écrire "auteure"... Le combat sur l'écriture inclusive est d'arrière garde... »
Merci à celles que je n'avais pas remerciées précédemment : @VAY Céline, @Cristina Leg et @anne-laure.julien, d'avoir contribué à déterminer que certaines modifications touchant à notre langue ne sont pas faciles à admettre. Souhaitons que le bon sens l'emportera toujours sur les raisons obscures, parfois politiciennes ou idéologiques et leurs excès qu'une minorité du "microcosme parisien" tente d'imposer.
Je m'inspirerai de Jean-François Revel pour conclure : par démagogie, les coupables ont, en torturant la grammaire, voulu faire avancer le féminin faute d'avoir fait avancer la cause des femmes. Les vrais combats en leur faveur sont certainement à mener ailleurs.

Publié le 15 Juin 2018

@VAY Céline, une amie auteure, répondant à un ami auteur, a écrit cette phrase que j'ai notée, tant j'avais apprécié sa justesse :"si l'être humain doit comprendre les différences entre un homme et une femme pour se construire harmonieusement, il ne peut pas le faire comme une victime du sexe opposé." Oui, je sais, je te chine, puisque cette phrase est de toi ;)... Et voilà que tu nous prives de ton joli sourire, à présent ;)... Tu budes ;) ? Bisous et bonne nuit.

Publié le 15 Juin 2018

@Pantinois
Si dérive il peut y avoir, c'est uniquement sur le but de la mesure. Un régime totalitaire, une émasculation parce que l'on introduit une féminisation des mots et l'écriture inclusive ? Je ne sais pas qui va le plus loin que l'autre dans l'agitation. Le débat est vain. Nos générations vont s'éteindre, laissant la place à une jeunesse que l'on aura formatée à l'école d'une manière différente. Juste une jeunesse qui ne verra plus comme nous. Et nous n'en saurons rien.

Publié le 14 Juin 2018

@VAY Céline
Merci de votre réponse. Mais… d'abord, prenez en compte que dans la langue française, c'est ainsi, le neutre est aussi le masculin ! Le neutre existe dans certaines langues, mais pas chez nous, sauf à admettre ce que je viens d'écrire.
Pour le reste :
On commence avec un texte sur la féminisation des mots ou certains mots. Très vite, on dérive vers l’écriture inclusive. Aussitôt s’enchaine la réflexion sur les femmes battues.
C’est ainsi que procèdent les régimes totalitaires : un mot pousse l’autre et on finit une démonstration à l’extrême. Et pourquoi pas couper les couilles de ces pauvres hommes !!!!!
@anne-laure.julien : ma mère était une excellente cuisinière, ce n’était pas un meuble. Quant au mot « chauffeuse », allons-y, supprimons-le ou supprimons le sens… mais alors, le mot « pute » que vous évoquez existera encore. Qu’est-ce qu’on en fait ? On le jette aussi ? Vraiment, à force de vouloir démontrer quelque chose, on finit toujours par tomber dans l’absurde. Le texte d’origine était sur la féminisation des mots et je suis d’accord pour écrire « auteure » pour une femme (que je préfère à « autrice », très laid). Le combat sur l’écriture inclusive est d’arrière garde. D’ailleurs, pour le démontrer anne-laure julien a besoin de tomber dans la caricature : « c'est parce que dans le coin en bas à gauche, écrasé par le nuage de tutus blancs, il y a un garçon. »
Les femmes doivent combattre avant tout pour leur droit à l’avortement qui est souvent remis en cause. Elles doivent porter plainte contre les butors qui les frappent. Porter plainte contre le viol conjugal. Porter plainte contre les mariages forcés et dissimulés en mariages culturels, voire cultuels. Porter plainte contre l’excision. Elles doivent se battre pour l’égalité salariale.
C’est bien parce que ces grands combats sont difficiles que certaines passent par cette voie stupide de l’écriture inclusive. Faute de grives, on mange des merles…
Dans tous ces combats difficiles, comme Michel Canal, les femmes me trouveront toujours à leur côté. (et je l’ai déjà formulé, notamment dans Page 24 [pub pour même]).
Philippe

Publié le 14 Juin 2018

@Pantinois,
En voilà une remarque pertinente ! A-t-on parlé d'agression ? Non, juste de l'esprit d'une mesure. Est-ce être un esprit agité que de se demander "tiens, pourquoi une telle mesure?" Apparemment oui, si on est une femme. Je n'ai pas la science infuse. A la base, il s'agissait d'éviter d'enseigner à l'école que le masculin l'emporte sur le féminin. Je suppose que certaines personnes à la formation adéquate se sont penchées sur ce paradigme. Cela ne dérange personne que l'on compléxifie, rajoute des suffixes à outrance pour compenser une pauvreté de langage, mais si on décide d'introduire du féminin dans une phrase, alors là on crie à l'hérésie. Môsieur est une chose fragile, il ne faut pas le tourmenter... Môsieur n'aura plus sa place. Pour une question de précision de langage ? Mais ne passerait - on pas notre temps à ménager la susceptibilité de Môsieur ? Un comble ! Soit la mesure est efficace, et dans les années à venir on peut constater son impact sur la jeune génération (car il s'agit de cela et non des vieux barbons), soit elle ne l'est pas et il faudra en rire... ou pas. Car, à systématiquement critiquer chaque fois qu'on essaie quelque chose pour venir à bout de ce fléau qu'est la violence faite aux femmes, aux petites filles, aux adolescentes, qui suppose un enseignement dès l'enfance, on découragera les bonnes volontés. A juste raison. Le respect que l'on peut légitiment attendre des uns et des autres, passe par la compréhension et non le jugement. Au moins essayons de comprendre l'implication d'une mesure avant de la rejeter. Ou de taxer ses défenseurs de féministe avec tout son cortège de qualificatifs généralement associés. Voilà pourquoi on n'avance pas . Ou mal. Ceci dit, je comprends tout à fait votre remarque. Elle est pertinente. Seulement, elle ne tient pas compte de l'esprit de la mesure et c'est cela que je déplore.

Publié le 14 Juin 2018

Que faut-il penser de l'écriture inclusive?
Certes ce n'est peut-être pas très décoratif en littérature. Mais pour le journalisme, ça permet d'être plus précis. Si une photo est titrée "les danseurs de l'Opéra", c'est parce que dans le coin en bas à gauche, écrasé par le nuage de tutus blancs, il y a un garçon. Si on traduit la une de Time Magazine par "les briseurs de silence" alors que la photo ne présente que des femmes, c'est parce qu'un homme a déclaré avoir été victime d'agression sexuelle. Est-il si ridicule dans ce cas d'écrire "les danseur.se.s" ou "les briseur.se.s"? C'est vrai qu'il suffirait d'écrire "les danseuses et les danseurs" ou "les briseuses et briseurs", mais c'est peut-être trop long...
Ou alors, on pourrait le tenter à la majorité absolue: "les danseuses de l'Opéra" quand il n'y a que 2 ou 3 garçons, "les briseuses de silence" quand il n'y a que des femmes. Mais "danseuses" ça ne fait pas aussi sérieux et "briseuses"... si, si je vous ai entendu ricaner.
Oui, notre langue est sexiste. Un "cuisinier", c'est un chef, une "cuisinière", c'est un objet. Un "chauffeur", il conduit un camion, une "chauffeuse" quand ce n'est pas un fauteuil, c'est ... une pute. "Entraîneur", c'est un noble métier, "entraîneuse", c'est ... encore une pute.
Alors l'écriture inclusive, si ça ne sert pas à écrire de la littérature, ça pourrait servir à réfléchir.

Publié le 14 Juin 2018

@Michel Canal merci pour cet article très instructif. Je ne suis pas intervenue car je considère que cette écriture inclusive n'a pas sa place dans la littérature. Je n'ai jamais aimé les extrêmistes, et pour le coup les féministes qui se prétendent "victime" et avoir tous les droits. Quand j'entends : une femme porte plainte contre son producteur pour abus sexuel, alors qu'elle a accepté son invitation dans "sa chambre" ! On se demande qui a réellement provoqué un tel acte... Il y a des situations à éviter et aussi à ne pas provoquer. Je privilège les échanges harmonieux entre hommes et femmes sans pour cela pousser grand mère dans les orties ;-) A pousser le bouchon trop loin, le risque serait de creuser encore plus le fossé entre l'homme et la femme. Bon finalement, je suis intervenue quand même. Bien amicalement. Cristina

Publié le 14 Juin 2018

@VAY Céline, @lamish
"L'écriture inclusive ne fait aucun mal, elle calme certains esprits agités."
Je retourne le compliment : elle agite certains esprits calmes.
Cordialement
Philippe
Ce divan et cette chaise sont à moitié brûlés.
Hum ! Quel crime ! Poussons le bouchon aussi loin que possible : ce divan et cette chaise sont à moitié brulé.e.s. C'est vrai que je me sens mieux ! Les femmes se sont senties sans doute agressées par ce simple "brulés" !

Publié le 14 Juin 2018

Ce que j'en pense ?
Bof !

Publié le 14 Juin 2018

@lamish,
Je comprends tes réticences. Tout dépend de tes convictions en matière de langage. Je cite Ferdinand de Saussure, père de la linguistique contemporaine, qui affirmait:

«Philosophes et linguistes se sont toujours accordés à reconnaître que sans le secours des signes nous serions incapables de distinguer deux idées d’une façon claire et constante. Prise en elle-même, la pensée est comme une nébuleuse où rien n’est nécessairement délimité.»

Il ajoutait aussi: « Il n’y a pas d’idées préétablies, et rien n’est distinct avant l’apparition de la langue». Autrement dit, en termes plus bibliques, «au commencement était le verbe».

J'aime bien cette façon de voir. Elle n'est pas forcément vraie : George Lakoff, l'un des tenants de la sémantique cognitive, et ancien élève de Noam Chomsky, soutient "que les mots prennent sens à partir des schémas mentaux sur lesquels ils sont greffés. Ce qui explique les métaphores ou encore la sensation de mot sur la langue: on a l'idée, pas le mot. En fait, les pensées passeraient plus par les images mentales que par le langage."

Il faut de tout pour faire un monde. L'écriture inclusive ne fait aucun mal, elle calme certains esprits agités. Ce qui est intéressant, c'est de voir si vraiment elle participera à quelque chose. Je trouve d'ailleurs cela fantastique comme idée : il suffirait d'apprendre dès son plus jeune âge que le masculin ne l'emporte pas sur le féminin pour que tout rentre dans l'ordre. Alors, optimisme démesuré ? Inconscience ? Foutage de g... ? Moi, j'ai envie d'attendre. Il y avait une pub qui disait : le bonheur, c'est simple comme un coup de fil. Et je me dis aussi qu'il y a des personnes compétentes qui se sont penchées sur la question. Dans que but ? Mais peut - être suis-je naïve, peut - être as-tu raison, tout cela, c'est pour détourner notre attention... Dans ce cas quelle désillusion ! Et je ne veux pas être désabusée. Bisous. Céline

Publié le 14 Juin 2018

@VAY Céline, drôle d'amalgame auquel j'ai vraiment du mal à adhérer. Considérer la féminisation du langage comme une avancée, une aide dans l'affirmation de soi... Bof... Il n'y a vraiment qu'en France que l'on est capable de débattre sur ce genre d'aberration ;) ! Et quelle énergie gaspillée, tandis qu'elle serait tellement plus utile à défendre les cas où les lois contre la discrimination ne sont pas appliquées, ou appliquées avec un laxisme qui fait trop souvent honte à notre appareil judiciaire... Mais j'oubliais qu'il faut du courage pour cela, alors que se titiller le nombril sur une terminaison est tellement plus facile... du pur racolage démagogique, à mes yeux ;) ! Quand à l'étudiante qui t'a traitée de vieille résignée, laisse couler. Nous avons tous été arrogants et parfois irrespectueux, à l'orée de nos vies adultes. "On ne peut pas plaire à tout le monde, chacun voit midi à sa porte..." nul n'échappe à ces proverbes basiques mais pleins de bon sens ;). Bisous, bisous. Michèle

Publié le 14 Juin 2018

@lamish,
Coucou Michèle, c'est tout comme tu dis.... ce qui a fini par me tourmenter, songeant à une remarque d'une jeune étudiante croisée sur ce site, qui m'avait traitée de vieille résignée. Pourquoi en est-on arrivé à solliciter une écriture inclusive ? Les femmes ne sont pas fautives, on ne peut systématiquement leur opposer l'image de la frustrée dès qu'elles essaient de rappeler qu'elles sont un genre à part entière. Il y a actuellement beaucoup de maladresses, je te rejoins dans l'idée d'une certaine liberté dans le comportement, car la séduction est nécessaire à l'espèce humaine, homme comme femme. Il faudra encore beaucoup de tâtonnements, de « bourdes », de mal-être avant d’arriver à cette simple évidence : être une femme ce n’est rien d’autre qu’être un élément des deux composants sexués de la race humaine. Les deux sont complémentaires dans leurs différences, les lois de l’évolution l’ont voulu ainsi. Je trouve pour ma part aberrant, incompréhensible, qu’il faille lutter pour demander d’être vu au-delà de son genre. Voilà pourquoi je soutiens cette démarche qui ne me plaît pas du tout, je ne trouve pas l’écriture inclusive jolie, elle ôte à la fluidité de la lecture : mais je refuse de me sentir coupable pour chaque loi prise en faveur des femmes. Aux hommes de se demander pourquoi on en arrive là, ce n’est pas à nous de culpabiliser. J’ai confié à Eric Chardon, auteur masculin, la réécriture de Bakélite, car je n’ai jamais pu défendre ce livre. Même en énonçant que l’émancipation féminine ne supposait pas l’absence de regard masculin, qu’élever ses enfants dans l’idée de l’individualisme n’était pas sain pour le devenir de l’humanité, je me suis fait traiter de « mal troussée » ! Alors évidemment, le mot a fusé dans mon esprit : quel c… Mais j’étais muselée. Mon statut de femme était d’office une preuve contre moi, je ne pouvais pas aller contre. Je suis tombée des nues ! Depuis, je me suis éloignée de tout ça, pour écrire d’autres choses. Rien n’est plus joli qu’une histoire d’amour, et tant qu’il s’en écrira, il y aura un espoir pour la race humaine. Le rôle sociétal du roman d’amour est immense, et c’est à lui que l’on doit faire confiance. Pour rappel, interdire aux États-Unis aux hommes d’être seuls avec une femme dans un ascenseur n’empêche pas l’écriture de « Cinquantes Nuances de Grey », alors je dirai qu’il vaut mieux laisser aux législateurs le soin de débattre de ce qu’il convient de faire pour protéger cet « art mineur », la femme. Mais évidemment, il ressort de tout cela une confusion immense dont l’esprit masculin aura du mal à se remettre et qu’on ne peut à la fois lui dire : je me silicone de partout pour te plaire et si jamais tu me regardes tu vas en prison, car c’est du harcèlement. L’écriture inclusive fait pour moi bien moins de mal que l’image féminine des « Anges de la téléréalité ». On ne peut cependant débattre que de ce qui n’a pas d’audience alors… Je t’embrasse. Céline

Publié le 14 Juin 2018

@VAY Céline, bonjour, ma belle. Tu écris : "...car mon indifférence est presqu'une injure à celles qui se battent pour que cessent la violence conjugale, les viols, le harcèlement sexuel, moral etc..." Je n'en suis pas si sûre... Moi j'en ai marre que l'on oppose les sexes, lorsqu'il est simplement question de justice et d'égalité sociale, de respect de l'humain, dans sa globalité. J'aurais plutôt tendance a trouver que ce genre de coupage de cheveux en huit éloigne des vrais problèmes. La souffrance, la douleur, l'injustice sont des mots féminins, mais cela se limite à leur genre. A force de stigmatiser les choses : femmes victimes, hommes agresseurs, je trouve que l'on creuse l'écart et que l'on insulte les victimes masculines, en les occultant, que l'on s'éloigne un peu plus des rapports harmonieux entre hommes et femmes, rapports que nous souhaitons toutes, en principe ;). Je crains qu'à jouer les frustrées, certaines femmes obtiennent le contraire de ce qu'elles revendiquent, voire qu'elles perdent leur crédibilité et, insidieusement, une partie de leurs acquis. Pour ma part, je ne suis pas prête à les cautionner. Je ne voudrais pas arriver au stade où un homme, avant de me séduire, perde toute sa spontanéité, de peur que son comportement soit interprété comme du harcèlement, et je peux d'ores et déjà entendre des amis qui s'interrogent. A quand l'angoisse de monter seul dans un ascenseur avec une femme, comme aux Etats-Unis ? Bref, il ne faut pas beaucoup de psychologie et simplement un peu de bon sens pour deviner où risquent de nous mener les excès. Bonne journée. Je t'embrasse. Michèle

Publié le 14 Juin 2018

@Michel CANAL
Très cher ami, alors te voilà qui t'expose au courroux divin ? Je parle de celui des féministes, qui, ne sachant comment s'y prendre, revendiquent sur tous les fronts, cherchant à changer les mentalités, lourdes d'un héritage difficile. Refus d'être englobées dans un genre pernicieux, l'homme, cherchant à se désolidariser, affirmer leur individualité... Marteler les esprits, obliger sans cesse à considérer que la femme est un genre qui ne se soumet pas à l'homme... Alors oui, cela passe par des futilités, comme l'écriture inclusive. Futilité en apparence, car cette petite voix qui crie assez, je veux exister moi, avec mon genre à part entière, sans être assimilée à un être si inférieur qu'il faut obliger aux lois sur la parité, et à tant de choses encore (cf certaines chartes signées sur la thématique de l'égalité homme - femme dans le milieu professionnel, qui passe par un ré-examen des textes), ne peut-elle être reconnue comme légitime à s'inclure dans un mode de communication? Tu vois, je serais plutôt comme beaucoup de femmes, à me dire quelle importance ! Et puis je me suis fait violence, car mon indifférence est presqu'une injure à celles qui se battent pour que cessent la violence conjugale, les viols, le harcèlement sexuel, moral etc... Je t'embrasse, reconnaissante pour ton fabuleux travail car il m'a obligée à réfléchir.

Publié le 13 Juin 2018

@Torralba, merci pour ce partage d'avis objectif sur ce problème qui, hélas tourne au ridicule. Vous avez cité le bon exemple avec l'épicène "omelette" qui ne peut avoir son équivalent masculin "omelet".
En y réfléchissant bien, ces féministes dans l'excès ne sont-elles pas dans « le perpétuel recommencement de l'Histoire » déjà évoqué par Thucydide au Ve siècle av. J.C. ? Un recommencement qui fit moquer les "Précieuses ridicules" par Molière il y a quelque 350 ans. Un recommencement qu'évoqua aussi Voltaire : « La comédie n'extirpe pas les ridicules, elle les refoule pour un temps et, en les refoulant, elle leur donne une force de retour qui se manifeste plus tard. »
Pardonnez-moi mesdames les féministes "ridicules" si je suis mauvaise langue à votre encontre. Ah zut ! Encore un mot épicène (langue) que l'on ne peut écrire au masculin. Je n'en suis pas marri pour autant ! Et ne croyez surtout pas que je suis sexiste, encore moins misogyne. Si vous en doutez, demandez à mon amie et complice @ VAY Céline, ou lisez la rétrospective de nos échanges, signalée supra sous le titre : « Le cercle vertueux du partage entre auteurs ». Femmes, je vous aime... comme le chantait si bien Julien Clerc.

Publié le 13 Juin 2018

@Michel CANAL

Merci pour cet article. Les mots ont-ils un sexe ? ou comment exagère t'on une idéologie basée sur une égalité entre hommes et femmes. Je ne me suis jamais sentie exclue en écrivant ou en me décrivant en tant qu'auteur. Je suis favorable à la complémentarité comme l'étymologie et l' étymon : tous deux co-construisent. A force de batailler, au nom de l'égalité, pour des "e" ... on risque d'en faire une omelette ! ou un omelet (voir homme laid) .... Je m'égare ... Vite un dictionnaire ! Bien amicalement. Claudine

Publié le 13 Juin 2018

Merci @Yves L, @Pantinois, @Gene - McBreth, @lamish, @FANNY DUMOND, pour vos avis qui ont enrichi le débat. Si madame la maire se substitue à mairesse, docteure à doctoresse, il n'y aura pas gourmette comme féminin de gourmet, ni poissonne comme féminin de poisson, bien qu'il y eût polissonne. Mais une cochonne n'a jamais été et ne sera pas le féminin de l'animal cochon dont le féminin est truie. De même le féminin de canard ne sera pas canarde, mais cane… et la liste pourrait être longue.
Quels sont les différents points de vue « officieux » et « officiels » sur l'écriture inclusive ?
— Le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (HCEFH) encourage l’utilisation de l’écriture inclusive. Il a publié en 2015 un guide pratique « pour une communication sans stéréotypes de sexe ».
— Début novembre 2017, plus de 300 professeurs — de tous les niveaux — ont signé une tribune dans laquelle ils expliquent « avoir cessé » ou s’apprêtent « à cesser d’enseigner la règle de grammaire résumée par la formule "Le masculin l’emporte sur le féminin" ». Ces enseignants déclarent qu’ils utiliseront désormais la règle de l’accord de proximité (qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui exprime le plus grand nombre). Exemple : « Un Français et mille Françaises sont enthousiasmées par l'accord de proximité ».
— Un peu plus tard, le 9 novembre, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, prend position et se déclare « favorable à féminiser le langage, à ne pas invisibiliser les femmes dans le langage », tout en disant ne pas être « pour l’obligation d’enseigner l’écriture inclusive à l’école ».
— Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, à l'instar de l’Académie française après son « son cri d’alarme » contre l’utilisation de ce type de graphie, s'est prononcé contre son usage.
— Afin de clore le débat, une circulaire du premier ministre (du 22 novembre 2017) a pour objet d’apporter une clarification après des initiatives dans certaines administrations, et à clore la polémique. Il n'y aura pas d'écriture inclusive dans les textes officiels : « Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’Etat doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme ». Elle précise les règles d’accords qui doivent s’appliquer dans les textes administratifs. Dans les textes réglementaires « le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aux femmes ». En revanche, quand l’auteur d’un texte officiel ou la personne nommée est une femme, il convient d’écrire « la ministre », « la secrétaire générale » et de féminiser la fonction en se référant au guide élaboré par le CNRS et l’Institut national de la langue française (Femme, j’écris ton nom…).
— Pour le linguiste Alain Bentolila, une langue ne peut voir sa structure changer qu’au rythme de l’évolution du peuple qui la parle.
En conclusion, soyons raisonnables. N'entretenons pas une guerre des sexes pour des mots, dans laquelle il n'y aurait pas de vainqueurs, mais seulement des maux, ceux des perdants et des perdantes.

Publié le 13 Juin 2018

Et vlan ! Un décret de plus, une aberration de plus. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Belles réjouissances en perspective sur notre site ;-))) Merci Michel pour votre tribune à laquelle j'adhère. Cela n'a rien à voir avec l'écriture inclusive, mais j'ajouterais que j'ai lu que certains fabricants de vêtement pour nourrissons se sont glissés dans la brèche en confectionnant des vêtements unisexe. Nous ne verrons plus que des bambins en grenouillère aux couleurs neutres. Plus de jolies petites robes, plus de mignons petits nœuds dans les cheveux. C'est à pleurer ! Et ensuite pourquoi ne pas continuer sur la lancée jusqu'à l'âge adulte ?

Publié le 12 Juin 2018

@Michel CANAL, excellente tribune, Michel. Pour ma part, je ne me suis jamais sentie diminuée d'être maître d'œuvre, promoteur, et j'en passe, pas plus que je n'ai pu me sentir mieux considérée dans le cas inverse. A dire vrai, je m'en suis toujours foutu comme de ma première chemise, l’essentiel étant de mettre un nom sur une fonction. J'ai horreur de ces débats qui tendent à éloigner des vraies attitudes sexistes dont peuvent encore souffrir certains êtres de nos jours. C'est du noyage de poisson. Pour le reste, il est indiscutable que, affublés de terminaisons féminines, certains mots perdent leur musique. Et en ce qui concerne l'écriture inclusive, je suis d'accord avec nos académiciens. C'est du grand n'importe quoi, et si, bien que ce soit peu probable, elle est adoptée, tu verras que les ultra-féministes sont capables d'exiger que la terminaison féminine devance la masculine, lorsque cela est possible, style : électrice-eur-s... Lorsque je lis les échanges enflammés entre auteurs sur ce sujet, j’avoue que j’hallucine ! @Kleber Labbé, excellent :) ! @Yves L, d'accord à 100%. @Pantinois, j'aimerais que ce soit le cas, et oui, tout comme vous, je suis surprise que le mot "mairesse" ne soit plus usité... Peut-être pour éviter le confusión avec l'ancienne signification : femme du maire ? Ici, en Espagne, pas d'équivoque on dit "alcaldesa" ou "esposa del alcalde" ;). @Gene - McBreth, de quoi vous occuper un bon moment :) ! A tous, bonne fin de journée. Amicalement. Michèle

Publié le 12 Juin 2018

Je voulais dire des choses, mais mon ami Pantinois m'a devancé. Il dit (il écrit) exactement tout haut ce que je pensais déjà très fort... Voilà, je retourne dans mon jardin, soliloquer sur la bêtise humaine...

Publié le 12 Juin 2018

@Michel CANAL
Tous les éléments sont sur la table. Comme il est dit dans Jurassik Park : la vie trouve toujours son chemin. C'est donc l'usage qui s'imposera… et comme l'usage passe d'abord par la parole, personne ne parle de manière inclusive ! Et de surcroit les jeunes écrivent en SMS et ont du mal avec les accords, alors c'est leur complexifier la tâche. Et quid des pauvres instits qui devront faire des dictées… comment les énoncer?
Bref, c'est pas gagné.
Dans vos énumérations : deux remarques. Au mot "maire", on usait souvent de "mairesse" au féminin, auparavant, qui a disparu avec la féminisation. Drôle!
Pour gourmet… il y a gourmette (non ! je blague !)
Cordialement

Publié le 12 Juin 2018

une interessante revue des prises de positions. On veut en faire un débat politique, ce qui fait en fait un sujet polémique..

Publié le 12 Juin 2018

Belle illustration de l'écriture inclusive @Kleber Labbé. Il est toujours aussi vrai qu'un bon schéma vaut mieux qu'un long discours. Le Canard enchaîné excelle d'ailleurs dans le genre. Merci pour votre commentaire.

Publié le 12 Juin 2018

Très bon article détaillé. Merci @Michel CANAL
Dans un dessin de presse, Lefred Thouron avait résumé la situation avec deux personnages.
Le premier demande : "En quoi consiste exactement cette orthographe inclusive?"
Le second répond : " On n'écrit plus : Bande de cons ! On écrit Bande de con.ne.s
Canard enchainé 18/10/2017

Publié le 12 Juin 2018